Série été

Saint-Pierre-de-Varengeville : Au Centre d'art contemporain de la Matmut, l'art accessible à tous

Le Centre d'art contemporain de la Matmut - Daniel Havis a connu plusieurs vies avant d'être un lieu dédié à l'art.

Le Centre d'art contemporain de la Matmut - Daniel Havis a été inauguré en 2011. (Photo Gazette Normandie)
Le Centre d'art contemporain de la Matmut - Daniel Havis a été inauguré en 2011. (Photo Gazette Normandie)

Les habitants l'appellent communément "le château de Saint-Pierre-de-Varengeville". Mais, en réalité, il s'agit du Centre d'art contemporain de la Matmut - Daniel Havis. Il porte le nom de celui qui a voulu faire de ce domaine un lieu dédié à la promotion de l'art contemporain il y a 14 ans. Daniel Havis est président directeur général du groupe Matmut de 1994 à 2015, il devient ensuite président du groupe avant de devenir président d'honneur en 2020. 

Avant d'être la propriété de la Matmut, ce lieu a eu plusieurs vies. La première en 1620, avec le premier château dit "du Val" qui appartenait à l'abbaye de Jumièges. En 1888, la bâtisse, qui appartient alors à Gaston Lebreton, directeur des musées de Seine-Maritime, est entièrement détruite et reconstruite par l'architecte Lucien Lefort. « On peut imaginer que le château a été reconstruit quasiment à l'identique, mais nous avons très peu d'archives », déclare Sophie Lemaire, responsable du pôle culturel de la Matmut.

"Tout pour l'art"

À l'origine, Gaston Lebreton conçoit sa maison comme une galerie d'art avec une importante collection d'œuvres. Sur le fronton du château, on peut d'ailleurs y lire "Omnia pro arte" (Tout pour l’art). « Il recevait beaucoup d'invités, comme Camille Saint-Saëns », révèle Sophie Lemaire. Gaston Lebreton meurt en 1920, le château est alors réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale puis racheté par les frères Garraud qui y installe une ménagerie. 

Lorsque le groupe mutualiste rachète le domaine en 1969, le projet n'est pas d'en faire un centre d'art. « La Matmut est alors en plein développement et c'est plutôt une opportunité », rappelle Sophie Lemaire. Les équipes de gestion du groupe s'y installent ainsi que l'accueil téléphonique. L'entreprise, qui s'engage depuis quelques années déjà pour rendre l'art accessible à tous, prévoit alors d'installer un lieu dédié à l'art contemporain dans le centre-ville de Rouen. Mais, les contraintes techniques poussent le PDG à revoir sa copie et à imaginer le projet au sein du château. 

Inauguré en 2011

En 2009, le projet se concrétise. Les équipes, environ 200 personnes aujourd'hui, sont délocalisées dans de nouveaux locaux construits à quelques mètres de là. « Ils ont été construits semi-enterrés pour qu'ils restent discrets à côté du château », précise Sophie Lemaire. Deux ans de travaux sont nécessaires pour la restauration du lieu. « Avant la réhabilitation, on pouvait voir le ciel depuis la cave tellement le château était éventré », raconte la responsable du pôle culturel. En décembre 2011, le Centre d'art contemporain de la Matmut est inauguré. 

Dans les faits, 500 m² de galerie sur 3 niveaux accueillent expositions temporaires et permanentes. Le dernier étage est dédié à la formation et accueille différents événements internes du groupe. Le tout entouré de 6ha de parc avec différents jardins : "jardin à la française", "jardin japonais", "jardin de la création", la roseraie, l'arboretum... Et les œuvres prennent place aussi à l'extérieur avec des sculptures de Jean-Marc Depas, le gorille de Quentin Garel ou encore les cubes en "M" de Vera Molnar. 

Accessibilité

« Notre fil rouge est de rendre l'art accessible à tous », souligne Sophie Lemaire. Avec son équipe, elle se charge de la programmation des expositions ainsi que des événements tout au long de l'année. Actuellement, Amélie Bertrand, peintre venue de Cannes, expose ses œuvres colorées. La peinture, la photographie, la sculpture, et bientôt la bande dessinée sont à l'honneur chacun à leur tour. « Parfois, ce sont les artistes qui nous proposent leur travail, ou nous leur demandons s'ils sont intéressés, à la fin je propose une quinzaine d'artistes qui sont ensuite validés ou non par la commission », explique la responsable. L'exposition de sculptures de Lilian Bourgeat a permis au lieu d'enregistrer un record de fréquentation.

Une fréquentation qui ne cesse d'augmenter. « En 2022, nous avons enregistré presque 40 000 visiteurs (31 000 en 2019, NDLR) on est ravis que les gens se soient appropriés le lieu, que certains viennent simplement s'y balader, faire leur footing ou d'autres, plus avertis, viennent pour les expositions », s'enthousiasme Sophie Lemaire. L'équipe du pôle culturel continue de repenser le lieu avec pour objectif de le rendre toujours plus accessible, à tous les publics.