Une start-up rouennaise veut exploiter l’or « ver »

0
Crédit : Benoit Delabre pour Aletheia Press. Alexandre Bocage, Théo Saint-Martin et Alexandre Foulon, les associés de Veragrow.

La jeune entreprise Veragrow lance d’ici quelques jours sa production de lombricompost, au sein du Pôle d’agriculture biologique des Hauts Prés à Val de Reuil (27).

Le petit lombric grandit bien vite ! Voilà seulement un an que les deux associés de la société rouennaise Veragrow ont laissé germer leur idée de start-up… Et les voilà prêts à lancer la production. Leur idée : la production hors-sol de lombri-compost ; un moyen de gommer par l’industrialisation et l’automatisation les handicaps de la production en andains, habituellement pratiquée en France.

Une production optimisée

La technique, Alexandre Bocage et Théo Saint-Martin, les deux jeunes créateurs de Veragrow, sont allés la chercher en Turquie et aux Etats-Unis. Les vers de terre sont élevés en containers et le substrat (du fumier de cheval principalement) est apporté par le haut. Un tamis permet de récupérer le lombri-compost sous le container. Une technique qui ressemble beaucoup à celle utilisée dans les lombricomposteurs de cuisine, mais à une échelle industrielle. Elle présente de multiples avantages. D’abord elle permet de limiter les aléas liés à la météo (températures et hygrométrie) qui, au contraire, compliquent parfois le travail lors du compostage en andain. Ensuite le container permet de maintenir captive la population de vers de terre, de contrôler précisément ses conditions de vie et de favoriser sa reproduction. Cela diminue en outre le temps de main d’œuvre. Installée depuis mars dernier à la pépinière de Normandie Incubation Seine Biopolis à Rouen, Veragrow est en cours d’installation au Pôle d’agriculture biologique des Hauts Prés de Val de Reuil (27). Les containers devraient ainsi bientôt accueillir 1 tonne de lombrics, en provenance d’Espagne. Les premiers sacs de compost devraient être commercialisés dès janvier 2020.

Un concentré liquide en vue

En parallèle les jeunes dirigeants, qui ont accueilli très récemment un nouvel associé, Alexandre Foulon, poursuivent leur réflexion et leurs travaux de recherche et développement. Ils ont ainsi testé la fabrication d’un produit liquide à base de lombri-compost concentré, qui pourrait être distribué en bidons de 20 litres (la quantité pour 10 hectares) dès le printemps prochain. Enfin, Veragrow pourrait également commercialiser d’ici quelques mois des lombricomposteurs auprès des élevages de chevaux notamment. « La valorisation du fumier est une vraie question chez les éleveurs équins, explique Alexandre Bocage. Nous souhaitons leur proposer une alternative au compost traditionnel ou à la méthanisation. » Cette porte de l’agriculture, Veragrow l’entrouvre aussi à travers des partenariats d’expérimentation. Malgré tout, l’agriculture n’est pas le débouché premier que souhaitent viser les jeunes entrepreneurs de Veragrow. Leur capacité de production est encore largement insuffisante. Ils visent donc en priorité les jardiniers spécialisés, l’entretien des stades et les maraîchers. Ils souhaitent par ailleurs intégrer des réseaux de distribution spécialisés.