Regards croisés d’entrepreneuses

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© Aletheia Press / L. Brémont « Nous voulons encourager les femmes à voir grand ! » a souligné Léa Lassarat.

Le 30 septembre à Evreux, trois entrepreneuses ont partagé leurs expériences. L’initiative du réseau normand « Femmes & Challenges » vise à encourager les femmes à créer, reprendre et développer des entreprises.

« Alors qu’au niveau national, 35 % des entreprises seulement sont créées par des femmes, ce chiffre n’est que de 28 % en Normandie » résume Léa Lassarat, présidente de la CCI Seine Estuaire, cofondatrice et présidente du réseau « Femmes & Challenges ». La crise sanitaire vient fragiliser la situation puisque « 48 % des entreprises gérées par une femme sont en danger de mort » complète Léa Lassarat. Pourtant, à l’heure d’ouvrir cette soirée « regards croisés », ce 30 septembre à Evreux, les participantes ne se départissent pas de leur optimisme. « Dans ce contexte difficile, nous avons la volonté de poursuivre nos actions au sein du réseau, explique la présidente de la CCI Seine Estuaire. Pour encourager les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat. Mais surtout, pour qu’elles le fassent en voyant grand ! »

« Je suis allée là où on ne m’attendait pas ! »

Pour se faire, trois invitées, ont partagé leurs expériences, leurs motivations et leurs questionnements avec les 80 personnes présentes. « C’est une quête de sens qui m’a conduite à me lancer, raconte Aurélie Varin, fondatrice et présidente d’Edith & Marcel, entreprise qui conçoit des chaussures d’intérieur haut de gamme. J’ai travaillé dans des entreprises dont les valeurs ne me correspondaient pas toujours. J’ai frôlé le burn-out et je me suis dit que ce n’était plus possible. Je voulais faire quelque chose qui me transcende. Avec « Edith & Marcel », je crée des emplois, c’est quelque chose d’extraordinaire pour moi. Mes chaussons sont « made in France » et c’est également essentiel à mes yeux. » Aurélie Varina a choisi un secteur qui lui était inconnu. « Je suis allée là où on ne m’attendait pas. A l’époque, je ne savais pas que la partie supérieure d’une chaussure s’appelait une tige, s’amuse la trentenaire. Mais je n’ai pas écouté la petite voix qui me répétait que ce n’était pas possible. Aujourd’hui, la marque est vendue au Japon ».
De son côté, Delphine Manceau, directrice générale de Neoma Business School (9 000 élèves et 600 salariés) estime : « il ne faut pas raisonner en termes de risque. Les femmes doivent aussi en finir avec le syndrome de l’imposteur et oser. J’ai remarqué que les moments confortables sont suivis d’ennui. C’est alors le moment de se lancer ! »

« C’est difficile de dire que l’on ne sait pas »

Il a également été question d’échec. « J’avoue que j’ai un peu de mal avec ce mot, confie Laurence Benissan présidente d’IDD- Xpert, spécialisé dans la recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique. Il y a souvent une connotation négative. En réalité, on prend la meilleure décision à un moment donné, avec les informations dont on dispose. Ce qui est important, c’est d’éviter d’abandonner par manque d’information. C’est difficile de dire que l’on ne sait pas, qu’on hésite. Il faut se dire que nous sommes plus de 7 milliards sur terre. Si nous rencontrons un problème, quelqu’un avant nous a eu les mêmes difficultés et peut nous aider. »
Trois témoignages qui ont visiblement touché les femmes présentes à en juger par les nombreux échanges qui ont suivi.

Pour Aletheia Press, Lætitia Brémont