Protect’Ecran : la start-up qui hygiénise les écrans tactiles

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Crédit photo: © Protect’Ecran / Archives, « Olivier Maillet vient de déposer une protection sur l’écran tactile de ce robot trieur de bouteilles plastiques».

L’actualité sanitaire vient conforter la montée en puissance de la start-up rouennaise, Protect’Ecran. Celle-ci propose des films anti-microbiens pour écrans tactiles et voit son activité exploser.

Parler d’hygiène, la période est propice…  « On est sur une technologie d’actualité » admet Olivier Maillet, le pdg de Protect’Ecran. Cette jeune entreprise, fraîchement installée au Village by CA, à Rouen, propose des films anti-microbiens pour disposer sur les écrans tactiles de tout format : du téléphone aux bornes de commandes (billetterie, restauration rapide…), de la tablette à la console de pilotage industrielle. Et depuis quelques jours, le marché explose…

99,9 % des bactéries tuées.

Au point que Protect’Ecran a dû développer en quelques jours un site de e-commerce pour répondre à la demande, qui doit ouvrir le 25 mars. Pourtant, Olivier Maillet ne s’en cache pas : son produit n’est pas une solution directe à la menace du Covid-19. Ses films sont en effet bactéricides, mais pas virucides… La technologie, Olivier Maillet en est le co-propriétaire. Infirmier de formation, et après avoir lancé des films de protection solaire pour les voitures, il réoriente son marché, lorsqu’il y a 3 ans, ces films sont interdits en France. Recoupant ses deux premiers métiers, il décide de lancer une gamme de films hygiéniques, convainc plusieurs partenaires, avec qui il crée le GIE Pure Zone.
C’est ce GIE qui est propriétaire de la technologie. Basée sur les propriétés biocides et bactériostatiques des ions Argent (Ag+) elle permet de tuer plus de 99 % des bactéries déposées par les doigts sur le film. Et ce pour une durée de 24 mois ! Ce dernier argument a de quoi convaincre, tant il est différenciant sur le marché.

Phase de pré-industrialisation.

De plus la transparence sur la technologie des ions Ag+, vient se confronter au flou entretenu sur les produits chimiques (parfois interdits en France) utilisés par la concurrence, notamment asiatique. Au point que Protect’Ecran se voit aujourd’hui en train de s’associer avec le poids lourd régional de l’industrie verrière : Riou Glass. La technologie biocide  intéresse l’industriel pour certains de ses nouveaux produits : des claviers d’ordinateur et des paillasses pour les laboratoires en verre tactile.
D’autres marchés s’ouvrent à Protect’Ecran : l’industrie agroalimentaire notamment, mais aussi bien sûr celui de la santé. « On est en train de se faire happer », se félicite Olivier Maillet, qui constate aussi que l’entrée de la start-up au Village by CA en janvier a aussi accéléré les choses. « Contrairement à la plupart des start-ups nous ne sommes à la recherche d’investisseurs. Nous sommes financés sur nos fonds propres. L’entrée au Village by CA nous a donc permis d’obtenir cette étiquette de start-up, et même de start-up à haut potentiel. » Avec un enjeu : passer phase de pré-industrialisation. Pour l’heure les films sont produits près de Toulouse et découpés dans un atelier à Rouen.

Aletheia Press, Benoit Delabre