Les conséquences de la crise sanitaire inquiètent les chefs d’entreprises

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 Le dernier bilan du numéro vert (0800 94 25 64) mis en place par les administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires (AJMJ), avec le ministère de l’Economie, pour accompagner les entreprises traduit bien les inquiétudes des secteurs les plus affectés par la crise sanitaire. 

Du 23 mars au 15 avril 2020, plus de 2 000 chefs d’entreprises ont contacté le numéro vert gratuit mis en place par le Conseil national des AJMJ, pour aider les entreprises à appliquer les mesures de soutien instaurées dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de covid-19. Selon Christophe Basse, président du conseil national, parmi les principales questions posées, auxquelles répondent 200 professionnels du traitement des entreprises en difficulté bénévoles, les sources de financement pour pallier les difficultés de trésorerie sont de plus en plus abordées avec, en tête de liste, la prime de 1 500 euros du fonds de solidarité. Les sujets de financement (prêts bancaires, de Bpifrance, prêts garantis par l’Etat PGE) représentent, en effet,  11,8% des interrogations, suivis par le report de charges, à 11,5%. Le dispositif de chômage partiel  constitue, pour sa part, 11,4% des appels. Les demandes d’informations se sont également focalisées sur les moyens de reporter les échéances à court terme, notamment le loyer et les charges eau/électricité.

L’activité économique impactée

La totalité des secteurs d’activité économique se retrouvent menacés par la crise. Cependant, certains sont plus particulièrement affectés que d’autres en raison d’une brutale chute d’activité. Le secteur le plus impacté est celui de l’hôtellerie-restauration qui représente 22,7% des appels reçus, suivi par le commerce de détail, à hauteur de 16%. De même, les services à la personne, notamment les coiffeurs et salons de beauté, tirent la sonnette d’alarme avec 9,1% des appels. Le BTP, également frappé de plein fouet, équivaut à 6,4% des demandes d’informations sur les mesures d’aide aux entreprises. La situation est également préoccupante pour les artisans (4,3%) et les agences immobilières (3,2%). L’ensemble de ces secteurs semblent très touchés par les fermetures imposées qui ont engendré la baisse d’activité, voire l’arrêt total pour certains.

Par ailleurs, au niveau des régions, il existe, globalement, une certaine conformité entre l’origine géographique des appelants et la taille des bassins d’emplois, avec dans l’ordre l’Ile-de-France, les régions PACA et Auvergne-Rhône-Alpes.

Une majorité de TPE

Sur l’ensemble des sociétés ayant fait appel au n° vert , 77% ne sont pas concernées par les procédures collectives (sauvegarde ou redressement judiciaire), tandis que 23% ont déjà une procédure en cours, principalement attribuable à des difficultés liées à une fragilité préexistante. Ces dernières sont sur-représentées par rapport à leur proportion habituelle dans le tissu économique français, note le CNAJMJ. Elles sont également de plus en plus nombreuses à appeler, en comparaison avec les deux premières semaines du confinement. Les demandes émanant de ces structures concernent principalement le fonds de solidarité, l’étalement des charges ou la possibilité de contracter des prêts. L’objectif étant de pouvoir faire face aux échéances et réussir à redresser leur situation. 

En outre, l’écrasante majorité des appelants au n° vert se compose de TPE (70%) et de micro-entrepreneurs (15%), qui sont lourdement impactés par la crise.  Et «nous insistons, lors de ces entretiens téléphoniques, à ce que chacun ne suspende pas le règlement des factures de fournisseurs tant que cela reste possible, car il faut préserver les filières économiques», précise Christophe Basse.

Aicha BAGHDAD