L’activité économique reprend du souffle en mai

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Depuis le début du déconfinement, l’activité économique en France affiche une reprise, prudente mais palpable dans la plupart des grands secteurs. Elle s’accompagne également d’un rebond de la consommation des ménages, selon l’Insee qui table sur une baisse de 20% du PIB au second trimestre.

La reprise s’amorce nettement,  bien qu’encore partielle. Ce constat de l’Insee dans son point de conjoncture, publié le 27 mai dernier, s’appuie, notamment, sur une enquête menée auprès des ménages du 28 avril au 16 mai 2020, donc en partie avant le déconfinement.

Les dépenses des ménages rebondissent

Au cours de la première semaine de déconfinement, la consommation des ménages était inférieure de 6% par rapport à son niveau d’avant crise, contre -32% début mai. Celle-ci marque ainsi un net rebond, sans qu’elle ne retrouve son état « normal ». Cette tendance s’explique principalement par la réouverture des commerces le 11 mai, ainsi que par la réalisation de certains achats qui avaient dû être reportés suite aux mesures sanitaires. Elle concerne particulièrement les dépenses en biens manufacturés,  notamment les équipements et le textile.

Côté confiance des ménages,  selon les résultats de l’enquête, le solde d’opinion sur le niveau de vie futur en France est à son plus bas niveau depuis avril dernier, tandis que celui sur la capacité d’épargne actuelle est au plus haut. Les ménages font, en effet, preuve d’un pessimisme marqué en ce qui concerne la situation économique générale, notamment les perspectives d’évolution du chômage ou du niveau de vie. En revanche, ces derniers sont moins pessimistes quant à leur situation financière personnelle. Une tendance attribuable à leur capacité de constituer une épargne qui a considérablement augmenté en raison du confinement, soit une épargne «forcée». Par ailleurs, les inquiétudes des ménages à propos de l’inflation future baissent en mai, mais demeurent fortes.

S’agissant des entreprises, les perspectives déclarées par les dirigeants sont sombres, mais restent moins dégradées qu’en avril. Les entrepreneurs semblent moins inquiets en ce qui concerne les prévisions générales de leur activité. Le climat des affaires gagne six points en mai. Selon l’institut de statistique, le solde d’opinion se relève mais demeure, toutefois, très bas et largement inférieur à son niveau moyen.

 L’activité économique se redresse sans atteindre son niveau normal

Depuis la levée des mesures de confinement, l’activité économique s’est nettement améliorée en comparaison avec les semaines précédentes. Bien sûr, elle s’établit à un niveau inférieur à une situation normale. L’Insee estime que la perte d’activité relative à la crise sanitaire s’élève à 21%, contre – 33% estimé début mai. Cette «amélioration» devrait se poursuivre au cours des prochains mois, même si le retour au niveau d’avant la crise devrait prendre du temps. Les branches marchandes sont les plus affectées,  avec une perte d’activité de 25%, contre -39% avant le déconfinement. Dans le détail, celle-ci s’élève à -38% dans la construction (contre -75%), et s’établit à -24% dans l’industrie (contre -38%).

Après deux mois de ralentissement, l’économie ne reviendra pas à son rythme de croisière avant de longs mois. En juin, l’activité économique pourrait être inférieure à la normale de 14%, après une diminution de 25% en mai et de 35% en avril. Compte tenu des données précédentes, l’institut prévoit une chute du  PIB  d’environ 20% au deuxième trimestre 2020, après une baisse de 5,8% au premier. Cette hypothèse serait valable si on admet qu’au mois de juin l’économie française comble le tiers de l’écart qui la sépare de son niveau d’avant-crise. Il s’agirait de la plus forte récession depuis la création des comptes nationaux français en 1948, précise l’Insee. Dans un autre scénario, le PIB  baisserait de 8% sur l’année en cours si l’activité économique revenait intégralement à son niveau d’avant crise, dès le mois de juillet, bien que cela soit peu réaliste. Un résultat qu’anticipait, il y a peu, le gouvernement qui table désormais sur une baisse de 11%.

Aicha BAGHDAD  et B.L