La Région contractualise avec l’artisanat

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Crédit : Laetitia Brémont pour Aletheia Press, (de gauche à droite) : Roseline Lemarchand, présidente de la Confédération générale de l’alimentation en détail de Normandie, David Margueritte, vice-président de la Région Normandie en charge de la formation et du développement des compétences, Christophe Doré, président de l’U2P Normandie, Serge Turpin, président de la Confédération nationale de l'artisanat des métiers et des services de Normandie.

Ce 27 novembre, la Région Normandie et les branches professionnelles de l’artisanat  (U2P, CGAD, CNAMS) et ont signé accord de partenariat pour améliorer les offres de formations sur le territoire. La région n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’elle a déjà concrétisé par deux fois le même type de collaboration. En mai, la Région signait avec la branche professionnelle de l’habillement, en juin, c’était avec la branche professionnelle du bâtiment et des travaux publics.

C’est dans le fournil de la boulangerie ébroïcienne « La flute enchantée » tenue depuis dix ans par Philippe et Caroline Boulanger que cette signature s’est déroulée. Un choix qui ne doit rien au hasard puisque le couple d’artisans emploie cinq salariés et neuf apprentis, entre 15 et 18 ans, dans le domaine de la vente, de la pâtisserie et de la boulangerie. « C’est important d’accueillir des jeunes, c’est eux qui prendront notre suite. Ils ont besoin de nous pour se former mais nous avons également besoin d’eux » explique simplement Caroline Boulanger. David Margueritte, vice-président de la Région Normandie en charge de la formation et du développement des compétences a brossé les grandes lignes de cet accord.  « Ce partenariat vise à bien connaître les métiers de l’artisanat, leurs évolutions.  Ces informations seront utilisées pour adapter les formations existantes, à en ouvrir de nouvelles, voire à fermer certaines. » ajoute l’édile.

Perte de l’apprentissage en vue pour la région.

Un second volet de ce partenariat est consacré à la formation des demandeurs d’emploi. Un dispositif leur proposera de se former dans une entreprise qui s’engagera à les employer ensuite au moins six mois. Enfin, dernier axe de travail, l’orientation vers l’apprentissage qui souffre encore trop souvent d’une mauvaise image. Pour rappel, aujourd’hui, la Normandie compte 135 formations dans les métiers de l’artisanat dont 99 en apprentissage. L’intérêt de la Région pour la voie de l’apprentissage n’est pas nouveau : « On compte 5 000 apprentis supplémentaires par rapport à 2016 » rappelle David Margueritte. « Aujourd’hui, on a une reprise de l’apprentissage en Normandie, grâce au Grenelle de l’apprentissage, un événement régional phare. Un vrai travail collaboratif avec les branches professionnelles qui a mis en exergue les problématiques et les solutions » complète Christophe Doré, président de l’U2P Normandie. Cette collaboration entre la région Normandie et l’artisanat arrive à point nommé alors que la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel entraîne des évolutions notables avec la disparition du Fond national de promotion et de communication de l’artisanat. Autre changement de taille, au 31 décembre, les régions perdent la compétence « apprentissage » alors qu’elles reprennent la compétence « orientation ».  Malgré tout, le vice-président de la région reste confiant : « Nous ne rejouerons pas le match de cette réforme mais nous jouerons le jeu pour le bien de tous. Nous ferons d’ailleurs prochainement des annonces dans ce sens  » conclut David Margueritte.