Fortement impacté, le tourisme s’adapte à la crise

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Après la chute drastique de l’activité touristique durant le premier trimestre, le secteur s’est repris pendant la saison estivale, selon les chiffres communiqués à l’occasion du 6ème Comité interministériel du tourisme qui s’est tenu  le 12 octobre dernier. Le bilan estival, meilleur qu’espéré, a été  tiré par la hausse du tourisme de proximité. 

La pandémie  frappe de plein fouet le tourisme en France. Selon la Banque de France, de janvier à août 2020, les recettes touristiques totales (21,4 milliards d’euros) ont enregistré une perte de 18,8 milliards d’euros (-46,8%) par rapport à la même période en 2019. Les dépenses des Français à l’étranger ont quant à elles diminué de 14,6 milliards d’euros (-45%), en cohérence avec leur préférence pour l’Hexagone, cet été. Le solde du poste voyages de la balance des paiements a ainsi reculé de 4,3 milliards d’euros (-54%). 

Une hausse de fréquentation allant de pair avec une baisse des prix 

Après une légère amélioration initiée à partir du 20 juillet, le taux d’occupation dans les hébergements collectifs marchands a rebondi pendant la première quinzaine du mois d’août : 63%, pour l’hôtellerie, contre 51 % en moyenne pour le mois de juillet. Selon le groupe MKG, cabinet d’études et de conseil, ce taux reste toutefois inférieur de 12% à celui de la même période de 2019. Pendant les deux premières semaines d’août, les hôtels des destinations du littoral atlantique ont enregistré un taux d’occupation de 93%, soit le niveau exact de 2019. Cette tendance a été également vérifiée pour les hébergements en montagne et de manière plus contrastée à la campagne. Ce taux d’occupation, dépassant parfois les résultats obtenus en 2019, dévoile, en contrepartie, des prix moyennement inférieurs à ceux des années précédentes. À preuve, le revenu par chambre disponible, dans l’hôtellerie, a régressé de 41% en juillet, par rapport au même mois de 2019.

Le tourisme urbain en net recul

Dans certaines villes, le niveau de fréquentation a enregistré un net repli au cours de la première quinzaine d’août. La Corse, les départements d’Outre-mer et même les plus grandes villes comme Paris ont été concernées par cette baisse. Dans la capitale, le niveau de fréquentation a atteint 36% au cours des deux premières semaines d’août, soit une baisse de 42% par rapport à la même période en 2019. D’après le Comité régional du tourisme de Paris Ile-de-France, de janvier à juin 2020, le nombre des touristes de la ville a ainsi été estimé à 9,4 millions, soit une baisse de 60% sur un an. 

Le tourisme français résiste mieux que le reste de l’Europe

En comparaison avec l’Espagne et l’Italie, le tourisme Français a mieux résisté  aux effets de la crise sanitaire. Malgré les disparités entre les filières et les territoires, la reprise en juillet  semble assez favorable au regard des circonstances. La fréquentation en France des touristes étrangers a ainsi baissé de 41%, contre 66% et 75% respectivement pour l’Italie et l’Espagne. 

La demande domestique en France a quant à elle augmenté en juillet avec un taux d’occupation moyen de 51%, contrairement  au reste de l’Europe, (35% pour l’Italie et au Portugal, 31% pour la Grèce et 30% seulement pour l’Espagne). En août, globalement, les dépenses touristiques des visiteurs français ont dépassé de 9% celles réalisées en 2019.

En comparaison avec l’an dernier, sans surprise, la clientèle étrangère a nettement fait défaut cet été 2020 avec la covid-19, notamment celle en provenance de Grande-Bretagne, d’Italie et d’Espagne. Les touristes belges, néerlandais et suisses ont toutefois été au rendez-vous.

Au final, avec une reprise lente, l’activité du secteur touristique demeure incertaine. La détérioration de la situation sanitaire et les contraintes qui l’accompagnent devraient peser sur les prochaines saisons. Dans ce sens, « l’Etat se tient aux côtés des acteurs du tourisme pour les aider à surmonter cette épreuve »,  a souligné Jean Castex, le Premier ministre. L’occasion de rappeler qu’à cet effet le gouvernement a décidé d’investir 18 milliards d’euros dans le cadre du plan de relance dédié établit le 14 mai et de faire le point sur l’ajustement des dispositifs de soutien, en lien avec le renforcement des contraintes sanitaires.

Jihane MANDLI