Entreprises et gouvernance : «l’art de gouverner doit nécessairement évoluer»

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Par ses travaux, le comité souhaite sensibiliser les entreprises de toutes tailles, et non pas les seules sociétés cotées.

Le 11 mars dernier, le comité Gouvernance du Medef a présenté à la presse les grandes lignes de ces travaux en cours. Il souhaite mobiliser toutes les entreprises sur le sujet. 

«La gouvernance est trop souvent vécue par les chefs d’entreprise comme une contrainte », alors que c’est « un formidable moteur de performance globale», a rappelé Patrick Bertrand, directeur général opérations d’Holnest et président du comité Gouvernance créé en mai 2019 par l’organisation patronale. Composé d’une vingtaine de membres, ce dernier a pour objectif de promouvoir cette prise de conscience de la part des chefs d’entreprise et de favoriser l’appropriation de bonnes pratiques en la matière. «L’art de gouverner doit nécessairement évoluer aujourd’hui», a ajouté le responsable.

Sensibiliser les entreprises de toutes tailles. Par ses travaux, le comité souhaite

sensibiliser les entreprises de toutes tailles, et non pas les seules sociétés cotées. Sa composition, mixte et intergénérationnel, se veut d’ailleurs le reflet de cette volonté de s’adresser à tous, avec des représentants de petites et de grandes entreprises de différents secteurs d’activité, ainsi que des investisseurs et des juristes. Dernièrement, sollicités par le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Woerth, «nous avons beaucoup travaillé sur l’encadrement des fonds activistes», ainsi que « sur le thème de la parité en entreprise», ce qui a donné lieu à une révision du code AFEP-MEDEF en janvier dernier.

Les basiques de la gouvernance. Le comité travaille actuellement sur trois sujets pour lesquels des groupes de travail ont été constitués. Le premier concerne «les basiques de la gouvernance» : il s’agit d’élaborer «des fiches pédagogiques simples», destinées «à toutes les entreprises», et comprenant «de nombreux témoignages de chefs d’entreprise», a précisé Delphine Gieux, secrétaire du conseil de Schneider Electric et vice-présidente du comité Gouvernance du Medef. Leur publication est prévue d’ici la fin du premier semestre.

La raison d’être de l’entreprise. Un deuxième groupe travaille sur «l’intérêt social éclairé et la raison d’être», telle qu’introduite en droit français par la loi Pacte : «nous souhaitons aider les entreprises à formaliser leur raison d’être» et «les accompagner» en leur indiquant, par exemple, «les pièges à éviter», a poursuivi Delphine Gieux. Adopter une raison d’être est «un outil de compétitivité» car c’est à la fois «une marque client, une marque employeur et une marque fournisseur». Ce n’est pas «l’apanage des grandes entreprises» et «cela ne va pas vous mettre en danger si c’est bien encadré», a-t-elle souligné. Le groupe de travail entend rendre sa copie avant l’été.

Gouvernance et stratégie à long terme. Enfin, le dernier groupe de travail planche actuellement sur «la gouvernance sur la stratégie à long terme» car «la gouvernance est indissociable d’une vision long terme de l’entreprise», a expliqué Philippe Louis-Dreyfus, président de Louis-Dreyfus Armateurs et vice-président du comité Gouvernance du Medef. Pour assurer la pérennité d’une entreprise, «il faut un lien sincère entre les dirigeants, les actionnaires, les collaborateurs», «un sentiment d’appartenance», a-t-il relevé. Avant de conclure : «il faut revenir à une économie de marchands plutôt qu’à une économie de marché».

Miren LARTIGUE