Céder ou reprendre une entreprise : se faire accompagner

0
« De g. à dr. : Samuel Neufville et Christine Grandjean, de la CCI Rouen Métropole, Guillaume de Sorbay et Aurélien Grimaud » Crédit BD Aletheia Press

Avec des services dédiés, la CCI Rouen Métropole travaille à faciliter la cession et la reprise d’entreprises. Un enjeu pour le renouvellement du tissu économique et le maintien de l’emploi.

Si la création d’entreprises est souvent un marqueur du dynamisme économique d’un territoire, il n’en est pas le seul. Dans un contexte où le vieillissement des dirigeants de PME a tendance à s’accentuer, la transmission des entreprises représente elle aussi un enjeu de taille ; pour assurer le renouvellement du tissu d’entreprises, et aussi de l’emploi local. C’est en tout cas un dossier sur lequel la CCI Rouen Métropole porte un regard particulier avec des services dédiés. Disposant de carnets d’adresses conséquents et pas forcément publics, la CCI joue toutefois plus qu’un rôle de simple entremetteur. Elle participe à créer les conditions favorables à la transmission.

Trouver le bon projet.

Guillaume de Sorbay, 32 ans, est l’un des bénéficiaires de ce dispositif. Le 2 janvier, il reprendra près de Rouen une menuiserie industrielle employant 40 collaborateurs. Issu d’une famille d’entrepreneurs du secteur du bâtiment, il a choisi la reprise d’activité plutôt que la création. « Je duplique un schéma que j’ai connu, explique-t’il. Et statistiquement, la reprise est aussi moins risquée que la création. Mais surtout, je ne suis pas un créatif de nature… » Encore faut-il trouver la bonne entreprise… C’est à travers les services de la CCI que Guillaume de Sorbay a trouvé la solution qui lui convenait le mieux. « La CCI a une connaissance parfaite du maillage économique, raconte-t’il. C’est le point de rencontre de tous les flux. »  Au-delà d’un simple listing de cédants, elle lui a proposé des projets qui correspondaient à ses ambitions en réalisant un diagnostic de son profil entrepreneurial. Un gain de temps conséquent qui permet en outre une approche toute en confiance entre les protagonistes, acheteurs et vendeurs étant accompagnés par le même organisme.

« Un bon feeling ».

Car la confiance est indispensable. Le cédant se sépare bien souvent de « son bébé ». Et s’il espère en tirer un bon prix, il compte surtout que l’activité se poursuive, voire se développe. Aurélien Grimaud, 43 ans, confirme. Lui vient de céder son agence de travail temporaire pour reprendre une activité de garagiste pour véhicules de collection. Souhaitant changer de voie, il ne comptait pas le faire à n’importe quel prix. « Il me fallait la garantie de la pérennité de l’entreprise et de l’emploi. Et aussi l’assurance que cela matche avec mes salariés », raconte-t’il. Pour autant, la passation de témoin suppose aussi de ne pas se laisser ficeler par ce lien affectif. Ainsi, Guillaume de Sorbay est catégorique : « Notre projet pour l’entreprise ne regarde pas l’acheteur. Le seul que l’on doit convaincre sur ce plan-là, c’est le banquier. » En revanche il admet qu’un « bon feeling » est nécessaire entre les deux parties. Quant au cédant, il doit aussi préparer son départ. Pour lui, en se préparant à changer de statut de social et de rythme de vie, mais aussi pour l’entreprise. Un détachement progressif est nécessaire, pour préparer les salariés et consolider la valeur patrimoniale de l’entreprise.