A Rouen, une année Johannique pour redonner du souffle

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Crédit photo : ©B.Delabre/ Aletheia Press, « Représentants des commerçants, autorités cléricales et élus rouennais sont tous mobilisés autour de la célébration de 1920, qui réconcilia l’Eglise et la République autour de la figure de Jeanne d’Arc. »

Programmées il y a un an, les festivités liées au centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc tombent à point nommé pour l’économie locale. De mars à novembre.

Les fêtes de Jeanne d’Arc à Rouen, ça n’a rien de nouveau. Mais 2020 va faire figure d’année exceptionnelle. De fin mars jusqu’à l’automne, ce sont de multiples de festivités qui sont programmées par la ville et ses partenaires. Pourquoi ? Parce que 2020 marque un double centenaire : celui de la canonisation de Jeanne d’Arc par le pape Benoît XV (le 16 mai 1920), et celui de la loi du 10 juillet 1920 qui institue la Fête nationale de Jeanne d’Arc et du Patriotisme. De quoi justifier une « Année johannique ». « Cette célébration nous y pensons depuis 2018, explique Yvon Robert, maire de Rouen et président de Rouen Métropole. Jeanne d’Arc a une place particulière dans le cœur des Rouennaises et des Rouennais.  Les festivités devaient normalement débuter en septembre dernier. Mais l’actualité de la ville a remis en cause ce calendrier. »

Collectivement, redynamiser la ville.

Et cette grande fête tombe à point nommé, tant la ville souffre d’une série d’évènements qui ont limité la fréquentation du centre-ville : gilets jaunes, Lubrizol, mouvements sociaux… et maintenant le coronavirus. Un grand évènement est donc le bienvenu pour booster l’activité et redonner de l’attractivité à la ville. Pour Laurent Bonnaterre, président de Rouen Tourisme, cela va permettre « de reconquérir la ville à travers l’image de Jeanne d’Arc. »
Du côté des associations de commerçants aussi la satisfaction est là « C’était une demande générale que de faire revivre les fêtes de Jeanne d’Arc, se félicite Philippe Depréaux, président de Rouen Shopping. « Nous avions besoin de redynamiser collectivement la ville, appuie Fabrice Antoncic, président des Vitrines de Rouen. Mais l’objectif c’est aussi que l’on ne s’arrête pas à 2020 et que l’on puisse continuer dans les années à venir. »

Une grande fête médiévale.

L’idée séduit beaucoup de monde… Mais il n’est pas certain qu’un évènement d’une telle ampleur soit reconductible chaque année. De fin mars jusqu’à l’automne, le calendrier est en effet bien rempli, tant l’idée a mobilisé les acteurs rouennais. La culture sera évidemment en première ligne : concerts, expositions, théâtre, cinéma, conférences… Toute la panoplie de médiation est mobilisée. Mais les organisateurs ont aussi souhaité donner une vraie dimension populaire à ces festivités.  En particulier, un week-end médiéval est programmé le week-end de la Pentecôte. Une petite centaine d’exposants est attendue et des parades en costumes sont programmées autour d’une Jeanne à Cheval. « Si à travers cette image de Jeanne d’Arc, Rouen peut demain avoir un grand rendez-vous médiéval annuel, ce sera  une bonne chose », note Laurent Bonnaterre.
Durant ce même week-end des projections exceptionnelles du spectacle « Jeanne(s) » seront aussi proposées en prémices de l’édition 2020 de Cathédrale de lumière. Les projections reprendront ensuite du 20 juin au 30 septembre.